Que faire après le Proof-of-Stake d'Ethereum ?
Le passage d'Ethereum à la preuve d'enjeu (Proof-of-Stake) approche : que faire de ses cartes graphiques quand on ne pourra plus miner l'Ethereum ? Dans cette vidéo d'une vingtaine de minutes, nous passons en revue les options qui s'offrent aux mineurs GPU, de la plus simple (ne rien changer) aux plus ambitieuses (délocaliser sa ferme ou l'alimenter à l'énergie solaire), avec les avantages et les limites de chacune.
Vidéo de 2022, tournée avant le passage d'Ethereum à la preuve d'enjeu : les chiffres ci-dessous datent de cette période. Voir la partie « Et aujourd'hui ? » en fin d'article.
Ne pas paniquer et continuer à miner
La première option, que nous présentons avec un peu d'humour, est de ne rien faire. La date du passage à la preuve d'enjeu restait incertaine : quelques jours avant la vidéo, des tests de la Beacon Chain sur un réseau de test avaient encore rencontré des problèmes. Inutile donc de paniquer ou de se dire que le minage ne sera plus rentable : la suite consistera peut-être simplement à continuer à faire tourner ses machines, en minant autre chose.
Revendre ou moderniser son matériel
Revendre son matériel peut être intéressant à certains moments, notamment pour acheter des équipements mieux adaptés à l'après-Ethereum. Mais le moment compte : à l'époque de la vidéo, beaucoup de mineurs vendaient leurs cartes sur le marché de l'occasion. Pour nous, ce n'était pas forcément le bon moment pour vendre, plutôt le bon moment pour acheter : on trouvait des cartes graphiques neuves autour de 10 € par MH/s, du jamais vu, alors qu'on était près de 20 € par MH/s fin 2021.
Le bon choix dépend de ce que vous voulez miner ensuite :
- Ethereum Classic utilise le même algorithme qu'Ethereum : rien ne change, vos cartes actuelles conviennent ;
- pour d'autres cryptomonnaies comme Ergo, Flux ou Ravencoin, les anciennes séries comme les RX 480 et RX 580 sont moins adaptées : vous aurez peut-être intérêt à en revendre une partie pour acheter des cartes plus récentes.
Et les ASIC ?
Autre possibilité : passer aux ASIC, des machines conçues pour un seul usage. Sur l'Ethash, l'algorithme d'Ethereum, un ASIC consomme trois à quatre fois moins d'électricité que des cartes graphiques ; reste ensuite une question de prix. Leur inconvénient : contrairement à une carte graphique, ils ne peuvent pas miner toutes les cryptomonnaies que l'on veut.
Miner d'autres cryptomonnaies, seules ou en dual mining
Chaque cryptomonnaie a son propre algorithme, qui ne sollicite pas les mêmes composants de la carte graphique : plutôt la mémoire pour Ethereum, plutôt le processeur graphique (GPU) pour d'autres. Deux points d'attention :
- certaines cryptos, comme Ergo, consomment peu et dégagent moins de chaleur : pas besoin de changer votre matériel ;
- si vous voulez miner du Flux, du Ravencoin ou d'autres cryptos, faites attention au dimensionnement de vos alimentations.
Le dual mining consiste à miner deux cryptomonnaies en même temps. Associer Ethereum à une autre crypto comme le Toncoin, dont le minage touchait à sa fin, apportait environ 30 % de rentabilité en plus. D'autres combinaisons de dual mining restent possibles.
Tenter le solo mining
Le solo mining, c'est revenir aux fondamentaux du minage : au lieu de miner dans une pool et de partager les récompenses, on cherche à trouver seul des blocs entiers. Il faut tout de même une certaine puissance de calcul : nous ne le conseillons pas sur Ethereum, où ce sont les grosses fermes de minage qui trouvent les blocs. En revanche, la difficulté de minage d'Ergo a été divisée par deux par rapport à l'année précédente, ce qui rend le solo mining plus accessible. Pour tester, nous avons basculé 1 GH/s de puissance, qui minait l'Ethereum, en solo mining sur Ergo. Il y a bien sûr un facteur chance, et nous allons laisser tourner ce test pour voir ce qu'il donne.
Masternodes et staking
Avec la preuve d'enjeu, ce sont des réseaux de serveurs, les nœuds ou masternodes, qui font fonctionner la blockchain, en échange d'un collatéral bloqué. Sur Ethereum, il faut 32 ETH pour monter un nœud, pour un rendement d'environ 5 %, nettement moins intéressant que sur d'autres cryptos dont certaines affichent 10, 15, parfois 20 % de rendement (nous n'avions pas refait les calculs récemment). Certains projets, comme Flux, combinent les deux : on peut à la fois miner avec ses cartes graphiques et monter des masternodes.
Baisser le coût de l'électricité : délocaliser ou passer au solaire
Dernière piste : optimiser la partie électrique. Si vous payez l'électricité en France, autour de 18 centimes du kWh à l'époque, délocaliser votre ferme dans un pays où le kWh coûte 6 à 8 centimes permet de descendre à 9 ou 10 centimes, frais de gestion compris. On voit d'ailleurs beaucoup d'installations aux États-Unis, notamment au Texas, et il y en a eu au Kazakhstan. Autre solution : les projets de fermes de minage équipées de panneaux solaires, qui commencent à devenir intéressants vu le prix de l'électricité en France.
Pour nous, une chose est sûre : le minage doit rester rentable. Sans mineurs, il n'y a plus de puissance sur le réseau, la cryptomonnaie n'est plus sécurisée et finit par disparaître.
Et aujourd'hui ?
Ethereum est passé à la preuve d'enjeu le 15 septembre 2022 (le Merge) : le minage de l'Ethereum avec des cartes graphiques a pris fin et les revenus du minage GPU se sont effondrés. En 2023, l'arrivée des ASIC Kaspa a ensuite rendu le minage de Kaspa sur GPU marginal. Parmi les options de la vidéo, ce sont donc les ASIC et la réduction du coût de l'électricité qui restent les plus pertinentes aujourd'hui.
Pour passer au minage ASIC, parcourez nos mineurs ASIC. Électricité trop chère chez vous ? Notre hébergement de mineurs permet de faire tourner vos machines ailleurs. Pour la suite de notre test de solo mining, lisez notre retour d'expérience Miner de l'Ergo en solo, ou contactez-nous pour un conseil.
Cet article résume le contenu de la vidéo et ne constitue pas un conseil en investissement.

