ASIC ou GPU

ASIC ou GPU : un processeur programmable face à un circuit dédié

Pourquoi un Antminer mine le bitcoin des milliers de fois plus efficacement qu'un GPU, et pourquoi il ne pourra jamais faire tourner une IA : tout tient à la différence entre une architecture programmable, qui exécute n'importe quel algorithme, et un circuit conçu pour un seul. Confiez la même tâche aux deux puces.

Confier la même tâche aux deux puces :
La puce GH100 du NVIDIA H200 entourée de ses six piles de mémoire HBM3e, rendu de notre modèle 3D
GPU · architecture programmable

NVIDIA H200 (puce GH100)

Un seul matériel, autant d'algorithmes que de programmes

Bitcoin : environ 10 milliards de hashs par seconde (10 GH/s) pour 700 W

  • Programmable : la même puce entraîne un modèle d'IA, calcule un rendu 3D ou simule le climat, selon le programme chargé
  • Chaque instruction est lue, décodée et ordonnancée avant d'être exécutée : c'est le prix de la flexibilité
  • Une large part du silicium sert au contrôle, aux caches et aux déplacements de données, pas au calcul lui-même
Voir la puce GH100 en 3D
Puces ASIC BM1368 alignées sur une hashboard d'Antminer S21 Hydro, rendu de notre modèle 3D
ASIC · circuit dédié

Bitmain BM1368 (Antminer S21 Hydro)

Un seul algorithme, câblé dans le silicium

Bitcoin : ≈ 500 milliards de hashs par seconde (0,5 TH/s) par puce, pour ≈ 8 W

  • L'algorithme est le circuit : les 128 tours du double SHA-256 sont gravés en dur, étage par étage
  • Ni instruction à lire, ni cache, ni mémoire externe : aucun cycle perdu en contrôle
  • Un nouveau nonce entre à chaque cycle d'horloge, dans des centaines de moteurs en parallèle
Voir les puces BM1368 en 3D

Chiffres GPU sur le SHA-256 : estimation Happy Mining à partir du débit de calcul entier du H200 ; chiffres ASIC : 335 TH/s et 5 360 W du S21 Hydro répartis sur ses 648 puces (3 cartes de 216).

Pourquoi l'ASIC est des milliers de fois plus efficace sur le bitcoin

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    Le circuit est l'algorithme

    Dans un ASIC, le SHA-256 n'est pas un programme que l'on charge : c'est la forme même des transistors, étage par étage. Rien à lire, rien à décoder : les données entrent d'un côté du pipeline et le hash sort de l'autre, à chaque cycle d'horloge.

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    Tout le silicium travaille

    Sur un GPU, une grande partie de la puce sert à décider quoi faire : lire les instructions, ordonnancer les threads, gérer caches et mémoire. Sur un ASIC de minage, presque toute la surface est faite de moteurs de hachage identiques, et chacun produit un résultat à chaque tic d'horloge.

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    Le prix de la flexibilité

    Chaque étape de contrôle coûte du temps et de l'énergie : une seule puce BM1368 de 8 W calcule une cinquantaine de fois plus de hashs qu'un H200 de 700 W, avec 85 fois moins d'énergie. L'inverse est vrai aussi : l'ASIC n'a aucun circuit pour autre chose que le SHA-256. Pour faire tourner un modèle de langage, seul un processeur programmable comme le GPU en est capable.

GPU et ASIC, point par point

CritèreGPU (NVIDIA H200)ASIC (Bitmain BM1368)
Ce que la puce sait faireN'importe quel programme : IA, rendu 3D, simulation, vidéo…Une seule chose : le double SHA-256 du bitcoin
Comment on lui donne du travailUn programme (CUDA) de milliards d'instructionsUn en-tête de bloc et une plage de nonces à essayer
À quoi sert le siliciumAu calcul, mais aussi aux ordonnanceurs, registres, caches et contrôleurs mémoirePresque uniquement à des moteurs SHA-256 identiques
Mémoire141 Go de HBM3e à 4,8 To/sAucune mémoire externe : quelques registres par moteur
Taille et consommationUne grande puce de 814 mm², jusqu'à 700 W648 petites puces par machine, ≈ 8 W chacune
Bitcoin (SHA-256)≈ 10 GH/s : jamais rentable≈ 0,5 TH/s par puce, 335 TH/s par machine
Intelligence artificielleSa raison d'être : jusqu'à 3 958 TFLOPS en FP8Impossible
Si l'usage changeLe même matériel sert à d'autres programmesUtile tant que miner rapporte plus que l'électricité consommée

Deux façons de concevoir une puce

Une puce de calcul est un assemblage de milliards de transistors. La question est ce qu'on leur fait faire, et il existe deux approches opposées : toute la différence entre un GPU et un ASIC tient là.

  • Le GPU (Graphics Processing Unit) est un processeur programmable. Ses milliers de cœurs exécutent des instructions : on lui charge un programme, il le lit, le décode et l'exécute. Le même GPU entraîne un modèle d'IA, calcule un rendu 3D ou simule un phénomène physique ; il suffit de changer de programme.
  • L'ASIC (Application-Specific Integrated Circuit) est un circuit dédié à un seul algorithme. Il n'y a pas de programme : l'algorithme est implémenté directement en portes logiques. Une puce de minage Bitcoin ne calcule que le double SHA-256, mais des centaines de milliards de fois par seconde.

Chez Happy Mining, nous vendons et installons les deux : des mineurs ASIC pour le bitcoin et des serveurs GPU pour l'intelligence artificielle. On nous demande souvent pourquoi on ne mine pas avec un GPU, ou pourquoi on ne fait pas tourner une IA sur un Antminer. Voici la réponse.

Programmable ou câblé : le prix de la flexibilité

Un GPU est conçu pour s'adapter à n'importe quel algorithme. Pour cela, chaque opération passe par une chaîne de contrôle : lecture de l'instruction, décodage, ordonnancement des threads, accès aux registres, aux caches et à la mémoire. Cette machinerie occupe une large part du silicium et consomme de l'énergie à chaque instruction, quel que soit le calcul effectué. C'est le prix de la flexibilité : le GPU est efficace sur une grande variété de problèmes, sans être optimal sur aucun en particulier.

Un ASIC supprime toute cette machinerie. Dans une puce de minage, les 128 tours du double SHA-256 sont câblés les uns après les autres, sous forme de pipeline : à chaque cycle d'horloge, un nouveau nonce entre dans le circuit et un hash complet en sort. Aucune instruction à lire, aucun cycle perdu en contrôle ; presque tout le silicium calcule. L'efficacité est maximale, mais la puce est figée : elle ne peut exécuter aucun autre algorithme.

L'animation en haut de cette page confie la même tâche aux deux puces. Sur le bitcoin, le GPU charge un programme de calcul entier et l'exécute en marquant des pauses de contrôle, tandis que le pipeline de l'ASIC tourne sans interruption. Sur l'IA, le GPU se reprogramme pour utiliser ses Tensor Cores ; l'ASIC, lui, n'a aucun circuit pour ce calcul.

À l'intérieur d'un GPU : le NVIDIA H200

Notre vue éclatée 3D du NVIDIA H200 permet de descendre du module jusqu'au cœur de calcul. La puce GH100 mesure 814 mm² et compte 80 milliards de transistors, répartis en 132 multiprocesseurs actifs sur le H200. Ouvrez la puce et vous verrez que les cœurs de calcul ne sont qu'une partie du dessin : chaque multiprocesseur porte aussi son cache d'instructions, ses ordonnanceurs, ses registres et son cache de données, et le centre de la puce est occupé par 50 Mo de cache L2. Autour, six piles de mémoire HBM3e apportent 141 Go à 4,8 To/s. Tout cela sert à une chose : exécuter efficacement des programmes différents.

C'est exactement ce dont l'IA a besoin. Un modèle de langage multiplie d'immenses matrices de poids, qu'il faut relire en mémoire à chaque mot généré : la bande passante et la programmabilité comptent plus que tout. Le H200 atteint jusqu'à 3 958 TFLOPS en FP8 (avec parcimonie).

À l'intérieur d'un ASIC : l'Antminer S21 Hydro

Notre vue éclatée 3D de l'Antminer S21 Hydro fait le même voyage. La machine contient trois hashboards de 216 puces BM1368, soit 648 puces. Zoomez sur une hashboard : les puces sont reliées en chaîne, le travail entre par la première et passe de puce en puce jusqu'à la dernière, et les résultats reviennent dans l'autre sens. Descendez dans une puce : presque toute sa surface est faite du même moteur de hachage répété, sans décodeur d'instructions, sans cache, sans mémoire externe. Chaque moteur est le double SHA-256 déroulé en 128 étages, un pipeline câblé dans le silicium.

Résultat : une puce BM1368 calcule environ 500 milliards de hashs par seconde pour 8 W. Un H200, sur le même calcul, en produit de l'ordre de 10 milliards pour 700 W, selon notre estimation à partir de son débit de calcul entier. La puce ASIC fait cinquante fois plus de travail avec quatre-vingt-cinq fois moins d'énergie : plus de quatre mille fois plus efficace.

Et le FPGA ?

Entre les deux, il existe le FPGA (Field-Programmable Gate Array), un circuit reconfigurable : sa logique peut être redessinée après fabrication pour implémenter un algorithme donné. Il se rapproche ainsi d'un ASIC pour un calcul précis, sans en atteindre la densité ni l'efficacité énergétique, puisque ses portes reconfigurables restent plus lentes et plus gourmandes que des portes gravées une fois pour toutes. Les FPGA ont brièvement servi à miner le bitcoin en 2011 et 2012, entre l'ère des GPU et l'arrivée des premiers ASIC en 2013. Aujourd'hui, ils servent surtout au prototypage de puces, aux télécoms et à la finance haute fréquence.

ASIC ou GPU : lequel choisir ?

La question n'est pas de savoir quelle puce est la meilleure, mais quel calcul vous devez faire.

  • Pour miner du bitcoin, l'ASIC est le seul choix rentable depuis plus de dix ans. Les autres cryptomonnaies à preuve de travail (Litecoin et Dogecoin en Scrypt, Kaspa…) ont elles aussi leurs ASIC : voir tous nos mineurs ASIC. Notre calculateur de rentabilité ASIC chiffre une machine avec les données du jour.
  • Pour l'intelligence artificielle, le rendu 3D ou le calcul scientifique, le GPU est irremplaçable : un ASIC ne peut exécuter que l'algorithme pour lequel il a été conçu. Un GPU se rentabilise par les usages qu'on en fait ou par la location de sa puissance de calcul : voir notre calculateur de rentabilité GPU.

Un dernier critère, souvent oublié : la durée de vie économique. Un ASIC de minage est utile tant que miner rapporte plus que l'électricité consommée ; un GPU garde une valeur d'usage tant que des programmes en ont besoin. Nous en parlons volontiers : appelez-nous au +33 6 32 49 26 41.

Questions fréquentes

ASIC, GPU, FPGA : vos questions

Quelle est la différence entre un ASIC et un GPU ?

Un GPU est une puce programmable : il exécute n'importe quel programme (IA, rendu 3D, simulation), au prix de nombreux circuits qui lisent, décodent et ordonnancent les instructions. Un ASIC (Application-Specific Integrated Circuit) est une puce conçue pour un seul calcul, gravé directement dans ses transistors : pour un Antminer, le SHA-256 du bitcoin. Sur ce calcul, l'ASIC est des milliers de fois plus efficace ; sur tout le reste, il est inutilisable.

Peut-on miner du bitcoin avec un GPU ?

Techniquement oui, économiquement non. Depuis l'arrivée des ASIC en 2013, la difficulté du réseau a explosé : même un GPU de data center comme le H200 ne produit qu'une dizaine de milliards de hashs par seconde, quand une seule puce d'Antminer en produit cinq cents milliards pour 8 W. L'électricité consommée dépasserait de très loin les revenus.

Peut-on faire tourner une IA sur un ASIC de minage ?

Non. Une puce BM1368 ne sait calculer que le double SHA-256 : elle n'a ni jeu d'instructions, ni mémoire pour stocker les poids d'un modèle, ni unités de multiplication de matrices. Pour l'IA, il faut des GPU ou des accélérateurs dédiés à l'IA, comme nos serveurs et stations IA.

Pourquoi un ASIC est-il plus efficace qu'un GPU ?

Parce que tout son silicium sert au calcul utile. Le SHA-256 y est déroulé en étages successifs, sans instruction à lire ni mémoire à interroger, et un nouveau calcul entre à chaque tic d'horloge. Un GPU, lui, dépense une grande part de son énergie à décider quoi faire et à déplacer les données : c'est le prix de sa flexibilité.

Qu'est-ce qu'un FPGA, entre les deux ?

Un FPGA est une puce dont on peut recâbler les circuits après fabrication : pour reprendre notre image, une ligne de tramway que l'on peut démonter et reposer ailleurs. Plus efficace qu'un GPU sur un calcul donné, moins qu'un ASIC. Les FPGA ont servi brièvement au minage du bitcoin vers 2011-2012, avant d'être balayés par les premiers ASIC.

Avec quoi mine-t-on les autres cryptomonnaies ?

La plupart des grandes cryptomonnaies à preuve de travail ont aujourd'hui leurs ASIC : Bitcoin (SHA-256), Litecoin et Dogecoin (Scrypt), Kaspa (kHeavyHash)… Les algorithmes conçus pour résister aux ASIC, comme RandomX de Monero, se minent au processeur. Voir notre sélection d'ASIC.

Comment rentabiliser un GPU puissant aujourd'hui ?

En louant sa puissance de calcul pour l'IA plutôt qu'en minant. Notre calculateur de rentabilité GPU donne un ordre de grandeur des revenus de location selon le modèle de carte, et notre calculateur ASIC fait le même calcul pour le minage.

Miner ou calculer ?

Antminer pour le bitcoin, serveurs GPU pour l'IA : nous vous aidons à choisir la bonne machine pour votre projet et votre électricité.